La dégustation de Steve Bettschen
Oenophile, caviste, négociant et membre permanent du Grand Jury Européen, Steve Bettschen a dégusté nos vins. Voici ce qu’il en dit…
Schiller 2008
Le Schiller est un vin rosé obtenu par vinification de raisins rouges et blancs issus du même vignoble et vendangés ensembles. En l’occurrence : Fendant, Gamay et Diolinoir. La robe affiche un saumon assez profond, légèrement orangé. Intense, le nez associe des notes de fraise des bois à des nuances d’herbe sèche, de poivre et d’écorce. L’entrée en bouche se montre tonique et bien enrobée. Elle évolue sur un corps droit, vineux, qui s’élargi en une finale assez souple, à peine tannique, dotée d’une amertume agréable. Rétro-olfaction plus proche du versant empyreumatique que fruité. A boire sur un buffet campagnard et ses nombreuses salades composées, terrines, grillades et charcuteries.
Cuvée antique 2008
Cette cuvée est issue de Chasselas vinifié comme un vin rouge avec une macération de 8 jours, pellicules, pépins et rafles compris. La robe est d’un jaune foncé vieil or. Intense, le nez affiche un profil aromatique très original : confiture d’orange amère, génépi, herbes sèches. L’entrée en bouche est souple, ample et devient très rapidement tannique, corsée, menée à la fois par de la minéralité et une importante amertume. Un vin intense, au caractère fort, pour amateur confirmé. A servir pas trop frais (pas moins de 12 °C), en accompagnement d’un plateau de viande séchée, de jambon de montagne ou de fromages d’alpage vieux.
Constellation 2007
Robe grenadine, intensité moyenne. Joli nez avenant de sous-bois chaud, fraise Mara, mousse sèche. La bouche est précise dès l’attaque. Elle se tend sur une matière à la fois structurée et fuselée. Finale nerveuse, légèrement amère et noblement austère ! Un vin comme celui-ci se boit un peu frais, sur un saucisson en croûte ou des haricots secs au lard. Un régal !
Petite arvine 2008
Jaune pâle à légers reflets dorés. Le nez est un peu sur la retenue actuellement. On y perçoit des fleurs blanches ainsi que des notes de fraise des bois, de fruits secs et de fruits confits. La bouche est d’emblée droite. Elle évolue sur un corps structuré, assez ferme, peu enrobé. Belle allonge de la matière, jolie sensation salée en milieu de bouche et finale particulièrement longue. Ce vin mérite encore quelques mois de garde pour exprimer tout son potentiel. Il sera alors parfait sur un dos de sandre grillé, un plateau de fruits de mers ou des fromages d’alpage.
Petite arvine 2007
Robe pâle. Belle pureté aromatique au nez, sur un versant franchement floral : notes de glycine, de violette puis de massepain après aération. L’entrée en bouche se montre très vive. Enrobée d’une matière assez soyeuse, elle continue en une ligne très tonique, doublée d’une salinité bien présente et se termine sur une longue et puissante finale effilée. Un vin à garder quelques années en cave, histoire d’apaiser quelque peu son mordant, ou à déguster sur un tartare de filet de perche, un cebiche de crevettes ou des légumes marinés et farcis au fromage de chèvre frais.Fendant 2008
Doré assez clair. Discret de prime abord, le nez prend un peu de temps pour exprimer ses notes de pré fleuri, de lys, de fleurs blanches et d’écorce de mandarine. L’attaque en bouche se fait sur une belle fraicheur tonique enrobée dans une gangue vineuse. Présence d’un léger gaz carbonique à peine perceptible. Toute en allonge, assez réservée au niveau des arômes, la bouche se termine sur une longue finale cristalline. Le parfait vin d’apéritif, prêt à boire d’ici le printemps 2010.
Fendant 2007
Robe pâle, de couleur vieil or. Le nez évoque d’emblée une grande maturité avec des notions de miel et de pâte d’amande. En bouche, c’est une association réussie entre ces mêmes arômes mûrs et les saveurs toniques d’un corps élancé, vif, légèrement perlant. En finale, mirabelle confite et note balsamique. Frais, digeste, c’est le chasselas idéal en apéritif ou pour accompagner un poisson de rivière ou du lac.
Fendant 2005
Jaune vif assez foncé. Le premier nez est sur la pierre à fusil. Viennent ensuite les fruits verts sur fond empyreumatique. En bouche, on est frappé par la vinosité et la consistance. A boire, sur un tartare de féra à la coriandre ou sur un plateau de chèvres frais. Ne pas avoir peur de l’ouvrir un peu avant dégustation !
Fendant 2004
Mature, ouvert, ce vin se distingue par une robe jaune paille. Son nez est avenant : fruits jaunes, pollen, fleurs d’infusion, touche de massepain. En bouche, la matière est ample, volumineuse, sans lourdeur et se termine sur une finale sapide, souple mais aérienne. A déguster en apéritif, avec des gougères ou en entrée, sur un soufflé au fromage.
Fendant 2003
Vieil or soutenu. Nez d’emblée expressif : coulis de prune jaune, de mirabelle, notes de miel, légère touche briochée. Ample en attaque, large, la bouche évolue sur un corps volumineux, dense, mené par une fine minéralité qui l’équilibre parfaitement. Mûr au niveau de ses arômes mais frais en bouche, ce très joli chasselas sur l’évolution se dégustera à merveille à l’apéritif ou avec un filet de truite sur lit de poireaux ou encore un vacherin Mont d’Or au four.Fendant 2002
Jaune paille assez intense. Très exotique, le nez oscille entre fruits mûrs, pêche melba et extrait de verveine. Large en attaque de bouche, la matière devient tonique en évolution et son corps s’affine sur une finale minérale, parfaitement aboutie. Apéritif, cocotte de moules meunières ou fromages d’alpage affinés.
Riesling-sylvaner 2008
La robe est d’un jaune tilleul assez intense. Discret de prime abord, le nez s’ouvre progressivement sur des notes d’écorce d’agrume (clémentine, cédrat), de miel de fleurs et de naphte. Précise dès l’attaque, vineuse mais menée par une belle fraicheur, la bouche s’ouvre sur un corps ample, d’une réelle opulence, qui se recentre en une finale pleine, dense et noblement mise en valeur par une fine amertume minérale. Un vin idéal pour accompagner les poissons d’eau douce (truite, omble chevalier, écrevisses) ainsi que les beignets de fleurs de courgette.
Riesling-sylvaner 2007
Robe pâle, reflets étain. Nez intense, sur la mirabelle, la cire d’abeille, la patine d’antiquaire avec une fine touche de fumée chaude. La bouche est souple, large, dotée de vinosité en évolution et se termine sur une finale marquée par une noble amertume qui évoque l’écorce de pamplemousse rose. A essayer sur un cocktail de crevette ou une quiche lorraine.
Riesling-sylvaner 2005
Doré soutenu, lumineux. Le nez a besoin d’un peu d’air. Marqué par la groseille au départ, il évolue sur des notes de fruits exotiques et de grapefruit. La bouche est en dentelle : aérienne, délicate, dotée d’une certaine opulence en évolution mais sans aucune lourdeur. On peut le déguster simplement à l’apéritif ou en entrée sur une nage d’écrevisses ou un dos de sandre juste saisi.
Riesling-sylvaner 2004
Belle robe jaune lumineux aux reflets verts. Le bouquet se partage entre notes florales et hespéridées (écorce d’agrumes, pamplemousse). Riche en entrée de bouche, presque tendre, la matière se déploie sur une finale fruitée, marquée par la mandarine. On pourra l’associer avec un poulet à la citronnelle ou des rouleaux de printemps. Dépaysement garanti !Riesling-sylvaner 2003
Doré assez lumineux. Passé le côté fruité, le nez se distingue par des arômes chauds (orange amère confite, herbe sèche) qui signent le millésime caniculaire. La bouche suit avec de l’opulence, un léger reste de carbonique bienvenu, un milieu de bouche ample et volumineux et une finale droite, franche, légèrement minérale. Idéal sur une salade de grosses crevettes, pamplemousse rose et avocat ou sur un plateau de fromages de chèvre mi-secs.Rosé de gamay 2007
Robe saumon assez foncé. Au nez, on a des épices douces, un fruit très mûr et des petites touches de caramel au lait. Précise, l’entrée en bouche est à la fois vive et vineuse. La texture serrée et la concentration de ce vin prouvent que l’on est ici sur un véritable rosé de repas, dense, roboratif, à déguster bien frais sur un plateau de charcuterie (viandes froides, mousses, terrines et aspics) ou une salade niçoise.Diolinoir 2008
Jolie robe cerise foncé. Expressif, le nez développe de la myrtille, des nuances de bois brulé, d’écorce, de cire. Droite en entrée de bouche, la matière se révèle en même temps satinée et assez vive. Aérienne, la bouche se montre légère, allongée, tramée de petits tannins au grain légèrement marqué. Finale déliée, souple et avenante. Délicieux un peu frais, sur un plateau de charcuteries, un gratin de côtes de bettes ou un filet d’agneau.
Humagne rouge 2008
Robe cerise d’intensité moyenne avec de petits reflets grenat. Très joli profil aromatique nuancé, sur la violette, le bois sec, le poivre, la cendre froide. En bouche, le vin est souple en attaque, satiné puis il prend du volume tout en se montrant léger, aérien pour se terminer sur une finale déliée, aux tannins légèrement granuleux mais peu tramés. Jolie persistance aromatique sur les fleurs avec une petite touche d’écorce verte. A boire un peu frais (15 °C), en accompagnement d’un bouilli de bœuf, d’un poisson en sauce (comme un rouget au vin) ou d’une parmigiana (gratin d’aubergine).
Humagne rouge 2007
La robe est cerise relativement claire. Le nez met un peu de temps s’exprimer. On y trouve alors des odeurs d’airelle, de cerise, d’âtre, d’herbe coupée. Vive en attaque puis souple, la bouche développe un caractère très friand, accompagné de tannins fins, peu serrés au grain agréablement rustique. Ce vin étonnant, au profil aromatique particulier, accompagnera, un lapin aux herbes de Provence ou un sandre au vin rouge. Passage en carafe d’une heure avant le service suggéré.
Pinot noir 2008
Grenat relativement soutenu. Beau nez d’âtre, de réglisse, de cassis, de mousse fraiche, de petites baies des bois et de graphite. Très concentré, ce Pinot affiche une matière soutenue, à la fois vineuse et fuselée, tramée de nombreux tannins légèrement saillants. Longue et puissante finale sur des notions de fraise des bois et de poivre blanc. Un vin corsé, à boire en accompagnement d’un gibier, d’un salmis de pigeon ou d’un plat de lentilles.
Pinot noir 2006
La robe arbore un cerise légèrement orangé. Très joli nez de petits fruits rouges avec, en filigrane, des notes d’écorce, de mousse de chêne et d’épices. Vineuse en attaque, la bouche devient plus ferme en évolution et déploie ensuite de nombreux tannins structurés, serrés qui laissent, en finale une belle empreinte fruitée. Un pinot de caractère, puissant, à déguster sur un magret de canard aux cinq épices ou un rôti de veau aux figues.Gamay 2006
Grenat orangé, intensité moyenne. Beau nez de réglisse, de cachou, de cendre froide sur fond de griottes à l’alcool. Large et souple en attaque, la bouche est rapidement menée par une belle vivacité parfaitement satinée. Joli volume, belle concentration aérienne et finale sur de petits tannins très fins qui laissent une agréable sensation de fraicheur mentholée une fois le vin bu ! Un magnifique Gamay original, à boire sur une volaille, un risotto aux champignons ou une quiche lorraine.
Gamay 2005
Grenat foncé. Le nez offre une certaine maturité : nuances de fruits secs, d’écorce, de tabac blond sur un fin sillage de cuir noble. A la fois vive, élancée et vineuse en attaque, la bouche évolue sur un corps serré, svelte mais dense, aux tannins corsés, légèrement mentholés en finale. Un beau gamay de caractère dont la fougue sera domptée par une pintade à la broche, une paupiette de veau à la sauge ou une galette d’épeautre.
Dôle 2006
Robe grenat très foncé, légères nuances orange. Le nez a besoin d’un peu d’air pour s’exprimer. On y trouve alors du bois brûlé, des baies confites, de la réglisse, des épices et du cuir. La bouche démarre sur une très légère sensation pétillante. Viennent ensuite nombre de tannins serrés, puissants, agrémentés d’une vivacité soutenue et d’une grande vinosité. Finale pleine, relevée, sur une noble amertume minérale. Un vin roboratif, corsé, à passer en carafe et à servir sur une viande en sauce (par exemple un coq au vin) ou une omelette aux champignons des bois.
Dôle 2005
La robe affiche un grenat soutenu, légèrement évolué sur les bords du verre. Chaleureux, le nez évoque la réglisse, le thym, le bois brûlé, les baies noires ainsi que de fines notes d’écorce. En bouche, ce vin présente à la fois un côté mûr et buriné. Passé une attaque serrée, vineuse, légèrement amère, il évolue sur un corps dense, aux nombreux petits tannins serrés. La fin de bouche associe un corps généreux et une certaine vivacité à une fine amertume tannique. A boire sur un plat de roesti au lard ou des lasagnes au four.